Le challenge d’Audouchoc
Posté par valychristineoceany le 18 décembre 2009
Challenge lancé par Theoma, : le coup de cœur de la blogosphère : voir ici.
Suite à ce challenge auquel j’ai accepté d’y participer j’ai choisi le Chameau sauvage de Philippe Jaenada et Pluie Noire de Masuji Ibuse.
Pour l’instant, j’ai lu le premier, proposé par Quoi de 9 Cécile ?
Le chameau sauvage ????
Ma première impression : Imaginez que vous apprenez à tricoter, il vous est arrivé ? A moi, oui. Donc dans un premier temps vous passez la boucle au-dessus de l’aiguille autant des fois que vous le voulez. En suite, vous piquez l’aiguille de droite dans la maille de l’aiguille de gauche, d’avant en arrière. C’est ici que tout se complique. Si les mailles sont trop serrées sur l’aiguille, vous avez de difficulté à avancer ( à tourner les pages).
En commençant à lire le chameau sauvage, j’ai eu cette sensation, écriture trop serrée pour pouvoir avancer. Trop dense, trop compacte. Plusieurs fois j’ai failli renoncer, surtout que les mailles serrées partaient dans toutes les directions. Difficile à attraper le fil. En effet, le personnage serré et enfermé dans sa tête et son imaginaire nous laisse très peu de choix. On en échappe à ses pensées et à son monde intérieur tourné en dérision seulement quand le narrateur le veille. Mais il fait très peu des concessions, il nous tient. Là, l’on arrive à un triangle : le personnage, le narrateur en parenthèse et le lecteur un peu prisonnier de deux, comme pour le tricot : la maille, l’aiguille et le tricoteur. Le personnage, Halvard Sanz, garçon déboussolé, qui vit beaucoup dans sa tête, qui croise des gens, mais qu’il les quitte aussitôt pour aller on ne le sait pas trop où. Lui, il ne le sait pas non plus ce qui peut être une consolation pour le lecteur. Autant vagabonder ensemble. Les parenthèses du narrateur nous aiguillent de temps en temps, car elles s’adressent au lecteur. Ah, grâce à ces parenthèses j’ai réussi à aller jusqu’au bout du livre. Autant dire qu’il, le narrateur, m’a mené par le bout du nez tout en finesse jusqu’à en finir le tricot. Néanmoins, tout au long de cet ouvrage, j’ai plusieurs fois douté du résultat. Je m’approchais, je m’éloignais, je m’agaçais, je revenais attachée d’une manière subtile à ce garçon lunatique, rêveur et passif.
C’est à la fin, en admirant le travail, que je me suis dit : oui, il est beau. Il est sublime. Oui, j’ai aimé le livre mais d’une manière très spéciale. Comme le pull, une fois terminé, vous l’admirez un peu de travers et vous dites : heu, je n’y croyais pas trop ! Pourtant c’est la surprise : qu’il est beau ce pull !
Mais qu’il est beau ce livre ! Et l’écriture ( la laine) quelle belle couleur, haute en tonalité, triste en dégradée, et dense en épaisseur.
Lire aussi les avis très partagés de Sandrine,l’Arrajou, Calepin , Liliba et Emma.
…et Cécile.











Marrant, je suis venue lire ton article, et n’ai pas laissé de com, puis je trouve ton com sur le mien… Me revoici! Je ne sais pas si j’ai envie de lire ce bouquin, je ne tricote plus depuis longtemps!
. En fait tu sais, en Belgique on tricote avec les aiguilles sous les aisselles, alors que presque partout ailleurs, les aiguilles volètent sur les côtés. Avec la méthode belge, le cou est penché, penché… et j’ai de l’arthrite, peux plus!!!
Aussi, survivrais-je à cette lecture?
Comment as-tu pu ne pas aller à un Noël piémontais? Si tu aimes l’anguille, le panettone, le panforte, et les Italiens (plus les princes charmants!), pourquoi te punir ainsi?
Valy, piccola mia, cos’hai fatto?
Buon Natale et Buon Anno!
J’aime bcp la façon dont vous en parlez. Quelle belle métaphore ! Je n’ai pas la patience de tricoter mais la relation que vous avez tissée avec ce livre me convainc de le noter !
Ma réponse :
Oui, il mérite d’être lu, sachant que c’est comme un apprentissage…
Assez d’accord avec vous Valy. Effectivement il y a un effet « yo-yo » dans l’attention du lecteur, tour à tour sollicitée et lâchée comme en pleine nature. Et il n’est pas si facile d’y rentrer, ce qui est paradoxal s’agissant d’un livre largement humoristique quand même.
Bonne journée à vous.
Quel plaisir de constater que tu as aimé un livre que j’adore et que je conseille tout le temps au point de mettre des parenthèses dans les titres de tous mes messages blogesques (en hommage) et de dire (dans mes périodes les moins lucides) que je dois être responsable d’au moins 32,54 % des ventes du chameau sauvage en poche !
Quelle belle métaphore ! Presque émouvante…
Pour rester dans l’esprit pull-over, je dirais que ce livre me colle à la peau, qu’il me va bien et que je m’y sens merveilleusement à l’aise !
mon comm précédent est-il passé à la trappe ou attend-il une modération ? Mystère. J’en tente un second car j’ai oublié le lien vers ma critique du chameau sauvage :
http://ceciledequoide9.blogspot.com/2008/08/la-preuve-par-quoide9-la-chameau.html
Ma réponse :
Si, si, il est passé le comm après la modération !
Je vais rajouter le lien dans l’article.
j’aime bien quand tu dis qu’il te colle à la peau
Cecile de quoi de 9 m’a convaincue de le lire, et puis il est sur la liste de Theoma. j’aime bien ce tricot aussi…
Ma réponse : Merci
Magnifique billet ! Et bien vrai que ce livre est vraiment déboussolant au début…