La tristesse vécue autrement -Le cimetière joyeux- Sapântza, Maramures
Posté par valychristineoceany le 16 février 2009
Aujourd'hui je souhaite vous parler d'une curiosité touristique tout à fait originale.
Cet été, moi, ma fille et mon partenaire, nous avons visité en bons touristes, le Cimetière Joyeux, voir détails ici situé dans un petit village Sapântza, au nord de la Roumanie, en Maramures.
Pendant la visite, ma fille qui parle très peu le roumain et ne le lit pas, me demande de lui traduire quelques textes écrits sur les croix, ce que j'ai fait. Les textes racontent d’une manière plus ou moins joyeuse, selon l'humour, la vie du défunt. Une fois la traduction terminée, traduction que j'ai pris soin de la mettre en rime comme en roumain, tout le monde me félicite. Concentrée sur le texte, je n'avais pas remarqué que j'avais d'autres auditeurs à part ma fille, des touristes français heureux de profiter de la traduction.
Voici ici pour vous aussi, mes lecteurs et lectrices, une frange de ma journée de guide traducteur fortuit :
(traduction du texte roumain sur la croix de gauche)
Je me repose ici
Je m'appelle Stan Marie
Dans ma vie en ce monde
J'ai eu de bons et de moins bons moments.
Très jeune je me suis mariée
Et beaucoup j'ai travaillé.
Cinq enfants j'ai eu dans ma vie,
Un d'eux est malheureusement parti.
Et toi, mon mari
Que Dieu te béni
Tu as été un brave mari
En m'aidant pendant ma maladie
Moi, j'ai laissé la vie derrière moi
À soixante sept ans.














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24 mars 2009 à 12:56
Magnifique façon de laisser quelque chose à tous, un petit résumé en rimes… Et si on a le temps de s’arrêter, oui, on sait que cette personne a compté, a eu ses drames et sa tribu, ses joies, ses alliés, ses bonheurs, et qui la pleure et s’est donné le mal, un peu amer, de composer un poème qui sourit sur la pierre.
Merci de nous faire découvrir cette douceur dans la mort aussi…
9 mars 2009 à 12:03
Je découvre ces images d’un cimetière joyeux… Voilà comme on voyage à travers les blogs ! Merci pour cette découverte étonnante.
Ma réponse :
Je suis contente que vous avez aimé le voyage,
à bientôt, V.
PS J’envisage lire votre livre ” la libraire a aimé”.
17 février 2009 à 14:36
Merci pour vos réponses. D’ailleurs, je viens juste de lire le lien que vous m’avez donné.
Oui, par “patrons” c’est bien ce que je sous-entendais.
J’imagine la corruption, la pression, la manipulation, et peut-être aussi une certaine forme de désarroi face à tant d’impuissance, car ces gens n’étaient que des pions… plus j’y pense et plus je me dis que “Sortie de route” devrait vous plaire.
Mais il y a le temps, ne vous inquiétez surtout pas pour ça. Ecrivez.
Amitié
17 février 2009 à 14:01
Quelle différence avec nos cimetières froids en granit polis !
Mon grand père était tailleur de pierre et fossoyeur. J’ai passé pas mal de temps avec lui, pendant mon enfance dans les cimetières. J’en ai gardé des souvenirs marquants. Il lui est arrivé plusieurs fois, à mon grand père, de réunir un des ces couples séparés depuis très longtemps par la mort. En creusant la terre avec sa pioche, il n’était pas rare qu’il exhume leurs os, qu’il découvre leur alliance en or. Il prenait alors son mouchoir, frottait les bagues pour qu’elles brillent à nouveau, les enveloppait dans ce mouchoir qu’il enterrait très profondément dans la terre, les remariant en quelque sorte pour l’éternité.
Ma réponse :
Bonsoir Pierre-Louis.
C’est un cimetière singulier, originale. Les cimetières dits ordinaires sont pareils qu’en France. Celui-ci est une curiosité faisant partie du Patrimoine. Aujourd’hui il est fermé au “public” souhaitant une place, un peu comme le cimetière Monumental de Milan. Aucune comparaison n’est possible entre les deux, sauf sur ce point là. On n’enterre plus, on le garde et on l’entretient comme un œuvre d’Art.
Ton grand père était un homme honnête et un rêveur. Chapeau !
17 février 2009 à 13:35
Comme promis, je viens coller un post-it pour rappeler que c’est ce soir :
http://ancion.hautetfort.com/archive/2009/02/10/pour-ceux-qui-ne-dorment-pas-la-nuit-ou-ne-travaillent-pas-l.html
17 février 2009 à 13:00
Ce cimetière contraste énormément avec les nouvelles sombres de votre recueil, un recueil que j’ai d’ailleurs bien reçu et que j’ai lu ce week-end.
Mes impressions ressembleraient un peu à ce que je ressentais quand ma grand-mère me racontait la dureté de sa vie de femme pauvre, obligée de se lever très tôt pour nourrir ses trois enfants et soutenir son mari, lequel était malade du coeur. Sauf que dans votre recueil, on se trouve en Roumanie, en 1989, il n’y a donc pas si longtemps que cela.
Certaines informations m’ont étonnée, révoltée.
J’ignorais par exemple que pour “faire passer” une grossesse, les femmes roumaines essayaient de se procurer de la vitamine C.
Que non seulement on pouvait rompre un contrat de travail facilement, mais qu’on pouvait aussi empêcher la personne en question de retrouver un travail autre part rien qu’avec la lettre “i”, ou encore sucrer la retraite d’un vieil homme après un procès douteux.
J’ignorais qu’une personne fantasque ayant été passive pouvait recevoir sa carte de Révolution alors qu’une personne active et finalement réaliste, cohérente dans ses réfléxions, ses actes, n’y avait pas forcément droit…
Votre recueil m’a touchée. Il fait partie de ces textes mémoires qui ont de la valeur, du sens. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir eu un aperçu plus précis de comment ça se passait dans la vie des patrons eux-mêmes.
J’aimerais bien vous poser quelques questions…
A quel âge avez-vous quitté la Roumanie?
Ces personnages (Corina, Florica, Maria, Ilie…), les avez-vous réellement connus?
Que signifie exactement la lettre “i”? incapable? interdit? (je dis ça comme ça, pour l’exemple, mais je ne parle pas roumain)
Merci d’avance pour vos réponses.
Amicalement.
Ma réponse :
Bonjour Nathalie, je vous laisse ici un lien en guise de réponse à la deuxième question : http://valychristineoceany.unblog.fr/2008/06/15/7/
en sachant que je me suis inspirée aussi de mes propres experiences (avortement, licenciement, etc)
J’ai quitté la Roumanie en 1991, j’avais 33 ans.
La lettre “i” signifie “indiscipline”, contrat rompu pour indiscipline ( en roumain, indisciplinat)qui sous entendait insubordination.
Quand vous dites “la vie des patrons eux-mêmes” vous pensez à qui ? La nomenclatura ? Car, patron dans le sens “français” n’existait pas à l’époque, tout appartenait à l’Etat ( logements, usines, restaurants, hôpitaux,écoles, écoles maternelles, etc)
et était géré par l’Etat.
J’ai reçu également votre livre, honte à moi, je ne l’ai pas encore lu. J’écris beaucoup en ce moment, j’apporte un additif à mon roman “La libido primitive”, je ne change rien de ce qu’il est, je rajoute, disons, du cadre roumain.
toute mon amitié, Valentina